Elle est belle, la jeunesse française !
Bien le bonjour, amis blogueurs !
Après une longue pause, la saison 2 du blog déboule. La semaine sera riche en articles, avec notamment les galères du jeune journaliste que je suis pour trouver un stage et une critique du Tournoi de Paris (bah oui, je vais toujours au Parc des Princes, même sans abonnement). Mais pour commencer, rendons hommage à une équipe de France, une vraie, une belle.
Alors oui, il y a eu les Bleus du foot, catégorie moins de 19 ans, qui nous ont réconcilié la semaine dernière avec le ballon rond. Une bande de potes pleine de fraicheur, pas encore (ou pas trop ?) grisée par le fric et les sollications (ce qui ne va pas durer…), et bourrée de talent, nous a régalé lors du dernier Euro dans la région de Caen.
Qualité technique, jeu alerte et agréable, et victoire finale face à la grande Espagne : les mômes Bleus ont accompli leur mission avec brio, cinq ans après le titre de la génération des Diaby, Gourcuff et autres Lloris. Pour certains, la voie semble toute tracée vers une carrière dorée. S’il a du temps de jeu à Chelsea, Gaël Kakuta pourrait devenir rapidement un monstre. Avec de la chance, du travail et une bonne mentalité. Cet Euro a au moins été la preuve que footballeur ne rime pas forcément avec caïd je-m’en-foutiste-du-maillot-bleu, et ça, ça rassure pour les années à venir.
Mais plus encore que les jeunes footballeurs français, ce sont les athlètes qui m’ont fait plaisir. Rendez-vous compte : 18 médailles aux Championnats d’Europe, record absolu, et deuxième nation derrière la Russie ! Simplement monstrueux. Même si on attendait beaucoup de ces Bleus de l’athlé, on ne pouvait s’attendre à tel bilan. Bon, il ne faut pas se mentir : l’an prochain aux Mondiaux, lorsqu’il faudra faire face aux Américains ou aux Jamaïcains sur le sprint, ou lutter sur les courses de demi-fond avec les Ethiopiens et les Kenyans, ce sera une autre paire de manches. Mais en attendant, ne boudons pas notre plaisir !
Et pour cause ! Le mal français aurait pu les guetter : la pression. Le trou noir. Combien de sportifs français, attendus au tournant après une saison réussie, galvanisés de louanges par les médias n’attendant qu’une médaille pour leur dresser une statue, n’ont pas su concrétiser ces espoirs le jour J ? Combien ont “craqué sous la pression” ? Des dizaines, des centaines. Mais pas cette semaine. Pas un n’a failli.
Alors certes, Teddy Tamgho aurait pu sauter plus loin, Leslie Djhone ne pas coincer sur les derniers mètres de sa course, Romain Mesnil sauter plus haut qu’il ne l’a fait. Certes ! Mais pendant ce temps, il y a eu Renaud Lavillenie, perchiste à la confiance inébranlable, qui a fait le job sans sourciller. Il y a eu Yohan Diniz, phénoménal près de 4 heures durant, seul en tête du 50km marche. Il y a eu les compères du 3000 steeple, Mahiedine Mekhissi-Benabbad et Bouabdellah Tahri, seuls en Europe sur la discipline. Et puis il y a eu Christophe Lemaitre.
Celui-là… Plus jeune que moi (il a à peine 20 ans !) et déjà triple champion d’Europe avec LA manière. Celle d’un mec insouciant, qui ne se pose aucune question, qui part mal à chaque fois et qui s’arrache, toujours, pour souffler la victoire. Ses finales sur 100 et 200m se ressemblaient comme deux jumeaux : à mi-course, c’est tout juste si on y croit encore. Et la magie du finish opéra, deux fois, à faire exploser les cordes vocales de l’excellent Patrick Montel. Et pourtant, le petit Lemaitre, il était attendu, après être passé sous les 10 secondes ! Il a répondu présent, au-delà même des attentes.
Répondu présent comme d’autres que l’on attendait pas forcément truster les podiums de la sorte : Véronique Mang, double médaillée d’argent après deux ans d’inactivité, d’abord. Martial Mbandjock, qui a coupé la chique à Chambers sur 100m avant de bronzer encore sur 200, ensuite. Romain Barras, forçat du stade olympique de Montjuic, enfin récompensé par une médaille (en or qui plus est) sur le décathlon. Garfield Darien et Kafétien Gomis, les argentés sortant de l’ombre du leader français de leur discipline respective. Myriam Soumaré, enfin, le rayon de soleil de ces Europe : nature, franche du collier et terriblement rapide sur la piste. L’Estadi Olímpic Lluís Companys de Montjuic lui a offert une parure complète de médailles : de l’or, de l’argent et du bronze.
Je vais finir par croire que la tristement célèbre mutinerie de Knysna a ouvert les yeux de tout le sport français. Depuis, les résultats s’enchainent : 6 victoires d’étape sur le Tour de France, une rouste infligés par les tennismen en Coupe Davis aux favoris espagnols, les moins de 19 ans du foot et les athlètes la semaine passée… Comme si la vision d’enfants gâtés bafouant le maillot et l’honneur national avait donné un sérieux coup de fouet aux autres sportifs, qui ne se privent pas d’afficher une mentalité exemplaire, et d’avoir les résultats qui vont avec en récompense. Comme si l’échec de l’équipe de France de football, véritable étendard du sport français ces dernières années, fleuron de la Nation, avait décomplexé les talentueux mais peut-être timorés athlètes. Et décuplé leur envie de montrer qu’en France, il y a des sportifs d’exception.
Alors pour tout ça, et pour nous avoir, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, enlevé le mauvais souvenir du Mondial de la tête : bravo, et merci.
GP





